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Historique
- Patrimoine |
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| La
ville de L'Isle-en-Dodon |
Introduction :
L'Isle-en-Dodon
se situe en bord
de Save, à l'extrémité Nord du plateau de Lannemezan.
Les coteaux qui entourent la ville rappellent le pays gersois tout
proche.
Depuis Toulouse on l'atteint après soixante kilomètres de route
et environ une heure de trajet.
Un service régulier d'autobus la relie trois fois par jour à la
capitale régionale.
Saint-Gaudens plus proche, à 45 km au Sud dans la vallée de la Garonne
où passent l'autoroute
A 64 et la ligne SNCF, abrite les services de la sous-préfecture. |
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Le Comminges :
Les
comtes de Comminges, souverains du pays, ont administré ce territoire
depuis la fin du Xe siècle jusqu'au milieu du XVe siècle. Sans résidence
fixe, ils habitaient tour à tour dans plusieurs châteaux (Salies,
Fronsac, Aurignac), et se déplaçaient aussi dans d'autres résidences
au fil des saisons. |
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| A
l'origine, le Comminges comprenait huit châtellenies, lointaines
ancêtres de l'actuel découpage en cantons. L'Isle-en-Dodon avec
son château au centre du bourg fortifié, entouré de fossés était
le chef lieu de l'une d'elles. Sur ces territoires le comte de Comminges,
exerça souverainement le pouvoir judiciaire avec l'aide de ses sénéchaux
jusqu'en 1453, date de l'annexion de son domaine à la couronne de
France. |
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| Les
limites du diocèse du Comminges étaient moins étendues que le comté.
L'église cathédrale se trouvait à Saint-Bertrand. Le diocèse comprenait
222 paroisses dont 22 en Espagne, de la vallée d'Aure à Martres
et de la Barousse à Puymaurin. Il était divisé en 22 archiprêtrés.
L'Isle-en-Dodon était rattachée à l'archiprêtré de Saint-Frajou. |
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La Ville :
Un
cartulaire de l'abbaye de Lézat mentionne en 987 l'existence d'un
bourg assez important sur les bords de Save, appelé simplement "L'Isle".
La topographie peut expliquer l'origine du nom "L'Isle": la Save,
et vraisemblablement un bras mort aménagé plus tard en canal du
"Moulin", enserraient une île où se dressaient le château, ses dépendances
et des maisons tout autour. Un texte de 1150 évoque cette configuration.
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| Sous
la souveraineté du comte de Comminges Bernard Dodon, dit Bernard
III (1153-1176), L'Isle prit son surnom de Dodon. La préposition
"en" traduit l'appartenance de la ville au comte. |
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Les
armes de L'Isle-en-Dodon sont: "de gueules (rouges) à un château
d'or (le château comtal) mouvant d'une rivière d'argent
(la Save) ondée de sinople (vert) - D'azur en chef à quatre
otelles d'or en sautoir" (quatre amandes - les armes des comtes
de Comminges). |
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Description :
La
ville fortifiée avec son château, ses murs, ses fossés, construite
selon un schéma défini d'urbanisme volontaire, rappelle les bastides
de la région toulousaine:
- les anciens fossés du tour de ville, aujourd'hui comblés et transformés
en boulevards, délimitaient la ville forte autour du château ;
- la Mairie-Halle actuelle a été édifiée en 1854. La rue Droite
aboutissait au Moulin de la Porte et à la porte de Derrière, "la
pourtau dé débat". Une halle attenante à l'église abritait un marché
couvert;
- le Bourguet, petit faubourg, était séparé du château par le fossé
et la porte de Devant. L'église et le couvent des Jacobins s'y établirent
de 1372 à 1790, date de la destruction de cette église fortifiée,
plus grande que l'église actuelle. Un pont sur la Save, à l'emplacement
de l'actuelle passerelle, rattachait ce quartier au pré commun ;
- de vastes marchés animaient le Pré-commun ou "Prat Bésiau", sur
la rive droite de la Save ;
- le quartier Saint-Adrien, avec son église aujourd'hui détruite,
à proximité du cimetière, s'était développé au XIXe siècle. A cette
époque aussi de grandes rues avaient été tracées, en particulier
l'avenue des Pyrénées et la route de Toulouse. |
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Aperçu historique :
L'histoire
des Aquitains et donc des Gascons débute trois siècles av. J.-C.
L'Aquitaine fut plusieurs fois traversée et conquise, notamment
par les romains (57 av. J.-C.), puis par les Maures, d'où peut-être
l'origine des noms de certains quartiers: le "Mouro" par exemple.
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| Un
camp romain était probablement établi à l'emplacement actuel de
la cité, ce que tend à accréditer la découverte de l'autel
votif, maintenant placé contre l'église. La chapelle
Saint Roch s'élève sur un tumulus romain. Les traces d'une
villa gallo-romaine apparaissent en bord de Save, en amont du pré
commun et, à l'occasion de travaux ruraux dans la plaine, des pièces
romaines ont été trouvées. Un autel
votif, dédié à Hercule actuellement placé contre le mur
de l'église aurait été découvert dans le lit de la Save. Sur ses
côtés on peut lire en latin "Philetus, esclave de Pompeius, acquite
son voeu à Hercule, avec empressement et reconnaissance". Le nom
de Pompeius désignerait un notable local à qui "Pompée, usant de
son autorité et de son influence, aurait fait concession du droit
de cité et du droit latin". |
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L'époque médiévale :
Lors
de l'établissement des comtes du Comminges à la fin du Xe siècle,
L'Isle-en-Dodon était déjà un bourg important. Vers cette époque
quelques l'Islois partirent aux croisades. Le noble De Bon fit les
guerres saintes et revint de Palestine avec, dit la légende, des
reliques de saint Adrien. |
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| Le
château fut vraisemblablement construit dans la seconde moitié du
XIIe siècle par Bernard III. De 1241 à 1295 le comte Bernard VI,
dit Dodon, en fit sa résidence. Il octroya à la ville une première
charte de coutumes en 1266. Pierre-Raymond II en signa une deuxième
en 1373. Les franchises des châtellenies furent maintenues jusqu'au
XVIIe siècle, deux siècles après la fin de la lignée des comtes
de Comminges. |
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| L'hôpital
Sainte-Quitterie fut créé en 1299 à proximité de l'actuelle Maison
de Retraite. Les hospitaliers d'Aubrac le gérèrent jusqu'en 1650.
Les Augustins de Chancelade prirent leur suite avant de le laisser
tomber en désuétude vers 1730. L'Isle-en-Dodon resta privée d'hôpital
pendant 200 ans. |
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| L'église
actuelle fut édifiée au début du XIVe siècle, avec son chevet fortifié
qui la caractérise. En 1372, en pleine période inquisitoriale, le
comte Pierre-Raymond fonda le couvent des Jacobins. A sa mort, en
1375, sa fille Marguerite âgée de dix ans resta seule héritière.
Dès lors le comte de Foix et le comte d'Armagnac luttèrent pour
s'emparer de la ville, agitée par des troubles jusqu'en 1454, date
du rattachement du comté du Comminges au domaine royal. |
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L'époque moderne :
A
l'orée du XVIe siècle, temps de la Renaissance et de l'humanisme,
l'église profita de travaux d'embellissement : Arnaud de Moles créa
ses vitraux et un artiste
inconnu sculpta la piéta.
Vers la fin de ce siècle les huguenots s'établirent à Puymaurin
et ravagèrent les campagnes environnantes (printemps 1587). L'Isle
fut pourtant épargnée et resta fidèle à la religion catholique.
La ville accueillit la réunion des Etats du Comminges à plusieurs
reprises dans la grande salle du couvent des Jacobins. |
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| L'assassinat
d'HenriIV (14 mai 1610) et l'affaiblissement du pouvoir central
qui s'en suivit poussa quelques nobles factieux à se soulever. Les
consuls, soutenus par l'évêque du Comminges, firent échouer leurs
projets. |
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| En
1648, une partie du château s'écroula. L'édifice demeura chancelant
près d'un siècle. A cette époque la bourgeoisie, classe influente,
fit construire de grandes maison en pierre, les "oustaus". Au cours
du XVIIIe siècle, la ville montra des velléités d'évolutions urbanistiques:
pavage des rues, construction d'un égout, restauration de la flèche
du clocher. |
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L'époque révolutionnaire :
L'Isle-en-Dodon
comptait alors un millier d'habitants. Le procureur Roger
pour le Tiers Etat (il devint plus tard sous préfet de Saint-Gaudens)
et l'abbé Lasmastres pour le Clergé représentèrent le Comminges
aux Etats Généraux. L'Isle-en-Dodon devint chef lieu de canton de
la Haute-Garonne en 1789 dans le district de Mont-Unité (Boulogne).
Le couvent des Jacobins fut démantelé en 1790. |
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| La
ville adopta les principes de la Révolution et connut peu de débordements.
Après la chute de Robespierre le procureur Roger, ex-député, calma
les esprits en prononçant en novembre 1794 un discours d'apaisement
et de ralliement à la République. |
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| Fin
1799, lors de l'insurrection royaliste en Haute-Garonne quelques
L'Islois essayèrent de se soulever, sans réussite. L'armée royaliste
fut battue à Montréjeau. La garde nationale L'Isloise, envoyée en
renfort, participa aux combats de Lombez et de Samatan. En 1801
la ville se rallia au premier consul. |
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Le XIXe siècle :
Bertrand
Malbois occupa la fonction de maire pendant tout l'Empire de 1804
à 1814, date où Louis XVIII le remplaça par un fidèle, M. de Solirène.
Le 14 mars 1814 Wellington passa dans la ville avec l'armée anglaise
avant de conduire ses troupes devant Toulouse où se déroula la dernière
bataille de l'Empire. |
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Dans
le courant de la première moitié du XIXe siècle, d'importants travaux
d'urbanisation furent mis en chantier. Jean-Pierre Malbois devint
député de la Haute-Garonne en 1848 et Fournié, maire, entreprit
la construction de l'Hôtel de Ville (1852-1854) et l'agrandissement
du cimetière (1850), où les familles de notables érigèrent un chemin
de croix remarquable, aujourd'hui encore tout à fait intact. Les
fossés, comblés en 1860, constituèrent l'actuel "tour de ville".
Après 1870, le réseau d'eau potable fut créé: construction d'un
château d'eau et de bornes fontaines. Les orgues de l'église furent
inaugurées en 1888. |
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Le
XIXe siècle se termina bien mal. Le 3 juillet 1897 une crue exceptionnelle
de la Save, inonda la ville en provocant la mort de 11 habitants.
380 maisons furent détruites, en particulier au pré commun. La moitié
des habitants, environ 1200, restèrent sans abris et complètement
démunis.
Le pont à trois arches sur la Save fut emporté. Un régiment du Génie
dût être appelé en renfort pour dégager la ville. |
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| Aussitôt
un immense élan de solidarité souleva la population, les travaux
de reconstruction furent entrepris. La passerelle permit d'abord
de retraverser la Save avant l'inauguration de l'actuel pont en
1901. Le dallage de l'église fut refait. |
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De 1900 à nos jours :
| Le
petit train, que le conseil municipal avait déjà appelé de
ses voeux en 1860, relia Toulouse à Boulogne-sur-Gesse de
1901 à 1950, grâce au financement du département. Il passait
par Rieumes, Samatan, Lombez et L'Isle-en-Dodon. |
| Il donna un sérieux coup de fouet
à l'économie locale, qui connut un formidable essor dans l'entre
deux guerres. Cette vitalité se traduisit par la quantité
d'artisans et de commerçants (plus de 250), par la tenue hebdomadaire
de foires et de marchés réputés, et aussi par le dynamisme
des associations : l'harmonie créée dès 1875, la société de
théâtre, les sociétés sportives, football, rugby, gymnastique. |
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| Le corps des sapeurs-pompiers vit officiellement
le jour en 1900. |
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| Dès
1890 la ville s'était dotée d'une centrale électrique gérée par
des concessions privées, reprises par EDF en 1945. Fin 1910 le conseil
municipal décida d'acquérir l'immeuble Lacassagne pour créer un
hospice. Le projet, interrompu par la guerre, n'aboutira qu'en 1933.
Un demi-siècle plus tard cette maison, devenue Maison de Retraite,
bénéficia d'aménagements très importants et d'agrandissements. Ces
efforts de modernisation et d'humanisation sont poursuivis de nos
jours. |
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| La
guerre de 1914-1918 toucha durement la commune, comme en témoignent
les 70 noms inscrits sur le monument aux morts. La guerre de 1939-1945
fut aussi dévastatrice. Six enfants de L'Isle-en-Dodon périrent
sur le front et 72 jeunes dont 24 de notre ville furent sauvagement
massacrés, le 7 juillet 1944 au maquis
de Meilhan. 34 L'Islois furent faits prisonniers et 13 autres
enrôlés de force au Service du Travail Obligatoire. Pendant cette
période quelques courageux L'Islois organisèrent la résistance contre
l'ennemi. |
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| La
ville fit de grands progrès de modernisation et d'équipements pendant
toute la deuxième moitié du XXe siècle: construction des écoles,
d'un grand ensemble touristique et sportif (stades, piscine, salles
de sports, villages de vacances...), de la poste, de la perception,
de la gendarmerie. Le lit de la Save fut aménagé après l'inondation
de 1977. Un réseau d'assainissement fut créé, l'éclairage public
rénové, le réseau routier restauré. |
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Aujourd'hui :
Le
centre ville a été un peu délaissé après la dernière guerre par
suite de l'évolution des conditions économiques et commerciales.
De nouveaux quartiers s'élèvent maintenant sur les coteaux de la
Giroue et du Thès. Cette évolution, ces extensions n'altèrent pourtant
pas le caractère historique et architectural du centre du bourg
avec son boulevard circulaire, ses ruelles, son église fortifiée,
ses maisons anciennes. La restauration et la mise en valeur de ce
centre, déjà bien entreprises, constituent une priorité communale.
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| La
ville vit avec son temps. Les services communaux sont transformés,
adaptés aux besoins de la population et des visiteurs: accueil,
office du tourisme, service social, des travaux, de la comptabilité.
Un effort de développement économique est entrepris: création de
zones d'activités, amélioration de l'habitat et construction de
logements, prochaine réalisation d'un grand espace
touristique avec piscine moderne et parc aqua-récréatif,
chemins
de randonnées. |
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Les
habitants n'abandonnent pas pour autant leurs traditions, leur art
de vivre, leur sens de l'hospitalité. A l'écart de la grande ville,
protégés des concentrations urbaines, ils ont su conserver leur
identité. Le voyageur goûte aux plaisirs de la découverte de ce
monde rural, apprécie ces campagnes, leurs cultures traditionnelles,
leurs fermes cachées au creux des vallons.
Il profite de rencontres amicales au hasard des rues, sur le marché,
et de l'occupation heureuse du temps qui passe. |
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| A
u XXIe siècle, L'Isle-en-Dodon a plus de mille ans. De grandes
fêtes ont marqué son millénaire en 1987. Forte de son passé historique,
riche de cette longue expérience, elle se tourne résolument vers
l'avenir. |
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L'Isle-en-Dodon se situe en bord de Save, aux portes du
Comminges en Haute-Garonne, région du Midi-Pyrénées.
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